PLANTES MORTES ET OBJETS VIVANTS – Pierre Berthet & Rie Nakajima

Boîtes à conserves, sifflets à roulettes, bols en porcelaine, amortisseurs de locomotives, couvercles de compresseur, balles de ping-pong, feuilles d’agave sèches, éponges, fils d’acier, branches, feuilles de papier, sachets en plastique, papiers d’argent, gants roses, piano, ballons, seaux, plumes, eau, cailloux, pots de fleurs, guitare, grelots végétaux de Paulonia, perles, bambous, bûches, os, pierres… 

Rie Nakajima et Pierre Berthet cherchent différentes façons de faire vibrer ces choses pour en faire résonner les ombres. Objets, avez-vous une âme ? En voici la preuve, et de toute beauté !

http://www.rienakajima.com/
http://pierre.berthet.be

Ouverture des portes à 19h30 (pour boire et manger)
Concert à 20h30

 

OBJET ORIENTÉ OBJET – Julien Clauss (objet son) & Olivier Perriquet (objet lumière)

Objet Orienté Objet est une performance sur dispositifs analogiques où trois platines et un ensemble de projecteurs sont manipulés en direct, pour produire des sons et des images à partir d’objets. Sur les platines, munies d’un laser qui fonctionne comme une tête de lecture et dont le signal est interprété par un synthétiseur modulaire, sont joués des objets.

Les instruments sont pensés pour y mettre les mains, les actions sont simples, les processus de jeu sont lisibles. Tout est à vue, la complexité visuelle et sonore émerge des objets et du jeu qui en est fait. Il s’opère comme une transmutation dont l’équation générale est celle-ci : la matière, prise dans une cinétique régulière, produit du temps et de l’espace.

Ouverture des portes à 19h30 (pour boire et manger)
Performance à 20h30

Nourris par les œuvres d’expanded cinema et l’art minimal des années 1960, et collaborant depuis une vingtaine d’années, Julien Clauss et Olivier Perriquet ont progressivement rendu poreuses leurs pratiques du son et de l’image, le premier étant appréhendé dans ses dimensions spatiales, le second pour ses qualités musicales. Poursuivant ce qui les touche dans les pratiques audio-visuelles des années 60 – le rapport direct au média, la simplicité apparente du résultat, le contraste entre la limpidité d’une situation ou d’un dispositif et l’émotion qu’il éveille – et baissant le « niveau de bruit » dans l’intelligibilité de leurs instruments et de leurs actions, les petites variations, les micro-modulations, et en définitive chacun de leurs choix deviennent apparents et importants. Les machines sont pensées pour y mettre les mains, c’est en ce sens qu’elles prennent à leurs yeux la fonction d’un instrument.

Dans des collaborations précédentes, leur référent commun était celui de la musique sur support, où les instruments étaient conçus pour lire des informations enregistrées (des samples, des films) et les jouer en les agençant par différents principes de filtrage, superposition, masquage, déformation etc.

Objet Orienté Objet se situe dans un « avant le cinéma », au moment historique où le cinéma n’est pas encore devenu une industrie, où le projecteur, la salle de cinéma, le rituel qui accompagne chaque projection, ne se sont pas encore standardisés en une forme niant l’espace car devenue banale et toujours identique. Travaillant au contraire en amont de la production de ces supports, Objet Orienté Objet fait disparaitre le principe même d’un enregistrement préalable à une diffusion. Les sources de lumière, mobiles, remplacent la caméra et produisent une image dont la diffusion est immédiate, faisant coïncider tout à la fois la caméra, le projecteur et l’espace de projection, d’une part, et le tournage et la projection d’autre part.

Des sources de lumière ponctuelles, de différentes puissances, omni-directionnelles ou focalisées, statiques ou mobiles, sont jouées simultanément, et révèlent les objets en les faisant exister à la taille de l’espace.

Partant d’objets dont les attributs (la couleur, la forme, la géométrie…) peuvent être immédiatement déchiffrés avec les yeux, c’est leur mise en mouvement qui fait naître une temporalité, un rythme. Ce rythme leur est externe, les objets n’en sont pas la source mais le butoir, la résistance, et confrontent de ce fait les phénomènes sonores et visuels qu’ils engendrent à la matérialité visible de leur présence. Les instruments qui génèrent le son et l’image sont à vue dès le départ et tout au long de la performance et les processus mis en jeu sont lisibles : tout est intelligible, décomposable par l’esprit, il se produit comme une arithmétique visuelle et sonore dont la complexité n’est ni un ajout, ni le résultat d’un processus qui serait caché dans les arcanes d’une « boite noire » mais émerge simplement des interférences entre des processus élémentaires, qui sont préalablement exposés au public. Celui-ci se retrouve au cœur du dispositif, partie intégrante de la projection.

ANNULÉ ackerisms REPORT

Une mise en lien entre littératures féministes et pratiques performatives. En particulier : découvrir quelques facettes du livre Sang et Stupre au lycée de Kathy Acker ; à travers le partage de pratiques et de jeux, de pratiques de liens entre le corps et la pensée, entre soin et subversion.

Ouverture des portes 13h. Programme complet sur le102.net. Avec Caroline Boillet, Lauriane Houbey, Mathilde Monfreux et François Rossi.

SOIRÉE IMAGES SIMULACRES

«Ces simulacres s’élancent dans toutes les directions mais comme les yeux sont les seuls à les voir, c’est où nous portons nos regards que les objets les arrêtent de leurs formes et de leurs couleurs. Cette image émise pousse l’air interposé entre elle et les yeux…l’air chassé y baigne nos pupilles et s’en va. Sans doute cela s’opère avec une rapidité prodigieuse.»                                       — Lucrèce dans De Rerum Natura il y a deux siècles.

Comportement d’ondes par Lewis and Clovic (film sans film / son et images / 2 projecteurs 16mm / 45’).
Lewis & Clovic transforment les projecteurs en animaux de projection sans pellicule. On y joue du pré-cinéma pour un Space-Opéra-Noise à base de manipulations d’optiques et de trituration de faisceaux… Une fiction cinétique sonore pour quatre mains.

Film :
– Monelle, Diego Marcon (2017 / Italie / num / 16’)
– Blinkity Blank, Norman Mc Laren (1955 / Canada / 5’28)
– Line of absides, Julie Murray (2015 / 16mm / sil / 12’)
– Prima materia, Charlotte Price (2015 / 16mm / sil. / 3’)
– Deletion, Esther Urlus (2016-2017 / 16mm / 12’)

Gaëlle Rouard

Il y a un an, Artoung ! invitait Gaëlle R., ex-membre d’Artoung !, a venir nous montrer son dernier film en date. Proposition qu’à moitié déclinée puisqu’elle nous proposait de venir plus tard avec deux films. – COMBO ! – Bien contents nous sommes donc d’accueillir Gaëlle l’alchimiste de la photochimie la plus célèbre du Trièves qui vient interpréter ses deux dernières pellicules de fiction expérimental. La fôret de houx n’a qu’à bien se tenir. Au programme : un écran SCOPE, des couleurs qui font pâlir Kodak, une bande son qui fait flipper Sardou.
Deux films faits mains/maison :

PAS DE TITRE (2014 / 16mm / coul&nb / son / 25′)

« La chaleur monte au ciel.
Les mouches voient leur fin.
Emportent les ponts ou tarissent les fontaines. »

M…H (2016 / 16mm / couleur&nb / son / 36′)

Inspiré par O.W. lui-même l’étant par W.S.
Plutôt qu’une performance, il s’agit d’un film interprété en direct.
« Toc Toc
Secouez ce sommeil épais, la confusion a joué sa pièce maitresse ;
et damné celui qui le premier crie : ça suffit, assez !
Réveillez vous ! Réveillez vous et voyez !
Levez vous comme de la tombe, venez voir du grand Jugement l’image même. »

https://vimeo.com/177680014

Chantal Morte / Mother Fakir / Lèche-Moi

ATTENTION début des concerts 20h00 / ouverture des portes 19h00

Chantal Morte c’est du blues folk industriel minimaliste aux percussions métalliques et Banjo.
“Si la notion d’underground a du plomb dans l’aile, Chantal Morte se charge de lui redorer ses plumes, parce qu’elle est une alchimiste à deux doigts du coït, dans un entre-deux où toute tentative d’étiquetage intempestif est annihilé.
Sans tambour ni trompette c‘est une gigue macabre et candide mais venez l’entendre vive, c’est dans le vrai que ça reside !” Nitcheva

http://chantal.morte.free.fr/
https://www.youtube.com/watch?v=ufYDhKaxcDA

“Je préfère la sensation du métal sur ma peau plutôt que la crasse des autres.” dit Mother Fakir.
Un univers délirant, mêlant textes en français, musique concrète, dadaïsme sonore, synthés bon marché et bidouilles sur cassettes comme au bon vieux temps de la première vague industrielle.
Son nouveau show Karrosserie est toujours une performance corporelle et brutale, mais présente aussi le Fakir comme musicien. Une bande-son de boucles mixée en direct avec des bruits intimes de sa performance amplifiée. Sang, musique drone, bruits de ruptures cutanées, immersion dans la mélancolie, servi sur scène pour vous.

http://gonzai.com/mother-fakir-a-le-metal-dans-la-peau/

https://www.facebook.com/motherfakir/

Lèche-Moi, enfant illégitime de Chantal à moitié Morte est un bébé bien vivant, un rock sombre et romantique, avec machines, banjo et guitare.

Amène tes chatons !

Cartographie des Lieux Visités en Rêve / Thierry Monnier

Des feutres-instruments reliés via des microcontactsà un système de traitement analogique.La construction/destruction improvisée d’undessin-bruit, d’une masse graphique et sonoreévoluant au gré de deux imaginaires tortueux.Plein les yeux, plein les oreilles… Une performanceconcert/projection faite de noise gastrique etde poésie picturale destroy, un peu comme uncombat au sabre laser (première génération)mais en plus brutal.
Johanny Melloul desssin automatique
OGROB bruit

Les larsens lyriques et la matière apocalyptiquede Sun Stabbed ou La Morte Young resterontcette fois dans l’étui à guitare. Ce sont lescassettes, mues par des mains expertes, quiviendront balbutier des sons d’origines diverses,fi eld-recordings, instruments, musique…Un voyage avant et arrière sur l’autoroute maléclairée de la bande magnétique. Des sourcesproches de la source diraient que le tout seraitentièrement improvisé.
Thierry Monnier manipulation de cassettes

Festival du cinéma sans image

Il arrive qu’au détour d’un film l’écran devenu noir prive soudain le spectateur d’image.Éteindre la lumière, fermer la porte, traversée d’un tunnel, panne de courant, explosion…Ces black-out cinématographiques,Grand Magasin (Pascale Murtin, FrançoisHiffler) et Antoinette Ohanessian les collectionnent et vous proposent un Festivaldu cinéma sans image. Un montage à la limite du monochrome noir. Un film que lespersonnages eux-mêmes s’efforcent sans répit de plonger dans l’obscurité.

Lucille Calmel – chaff

 » À la terrasse du Chaff, il fait soleil T-shirt… il nous faudrait des claques doigts. »
Chaff : nom américain depuis la seconde guerre mondiale pour ces leurres pailletés que lâchent les avions afin de générer de faux échos en nuage contre la détection radar.

« L’écriture sort du corps de Lucille Calmel pour se mouvoir dans un cadre éclaté. Elle rend poreuse la frontière qui sépare l’intérieur de l’extérieur. Écriture à laquelle elle a recours ou non, selon les aléas d’une organisation de ses moyens qui emprunte à la technique de la jachère, technique par laquelle la performeuse s’autorise en permanence l’exploitation ou la mise au repos de telle ou telle de ses compétences. Mais même en hibernation l’écriture singulière de l’artiste est sous-jacente à ses interventions. Présence inhérente au statut interactif de chacune desdites compétences (webcam, internet, montage vidéo, improvisation, corps, jeu théâtral, traitement de texte…) l’écriture peut s’incarner sous d’autres formes. Les interventions corporelles, le lien avec les autres corps, ceux des spectateurs, l’usage de la musique ou plus généralement du son, la présence des objets – allant del’accessoire vestimentaire au laptop ou à des éléments de décors – tout participe du même décloisonnement comme chaque parcelle de terre et sa culture font partie d’une même activité, d’un même rapport au monde. » (Hugues Warin, 2014).

Incarnée dans le flux, le temps réel ou même l’espace, concentrée sur les viscères de son laptop, Lucille Calmel performe depuis 1990. Elle est chercheuse d’écritures vivantes, entre corporalités,sonorités et textualités. Chaque performance prolonge un mouvement du corps, du son, de l’image, du texte. Elle vient 5 jours au 102 se frotter avec (s)ces matières, nous envelopper dans la mélodie de(s)ces lumières. Mirage de chuchotements écrasé par un artifice de manipulations poèticorps.

[1] : http://www.myrtilles.org/news
[2] : http://http://vimeo.com/lucillecalmel

Projecteur 16 Tout Puissant ! & Trois points crochets

Une soirée en deux parties autour de la pellicule 16mm. Un programme de courts expérimentaux qui (enfin!) ne datent pas des années 30 et qu’on n’a pas déjà vu trente-six fois au 102, puis une performance à base de films truqués surpiqués & lumière bruyante. Paul Sharits se retourne dans sa tombe.

– All that rises de Daïchi Saïto (2007 / 16mm / 7′)
– Ritournelle de Christopher Becks & Peter Miller (2012 / 16mm / 4′)
– Beltane de Christopher Steel (1997 / 16mm / 6′)
– Queen’s Quay de Stephen Broomer (2012 / 16mm / 1′)
– Beijing 1988 de Rose Lowder (1988-2011 / 16 mm / 12′)
– Mountain home de Robert Schaller (2007-2010 / 16 mm / 10′)

Trois points crochets : quatre projecteurs 16mm et une machine à coudre. Une performance qui mêle images travaillées en amont et film détérioré en direct par la machine à coudre, jusqu’à épuisement. Ça ferait penser aux mouvements d’Henri Michaux. Du film truqué surpiqué sans caméra, une expérience autour du support argentique. Ou comment le trou, en oscillation et traversé par la lumière, crée de l’image, du son, parle du cinéma et de la lumière bruyante.

Mariane Moula : machine à coudre /// Carole Thibaud : projecteurs 16mm
http://carolethibaud.com/doku.php
http://marianemoula.blogspot.fr/