Gaëlle Rouard

Il y a un an, Artoung ! invitait Gaëlle R., ex-membre d’Artoung !, a venir nous montrer son dernier film en date. Proposition qu’à moitié déclinée puisqu’elle nous proposait de venir plus tard avec deux films. – COMBO ! – Bien contents nous sommes donc d’accueillir Gaëlle l’alchimiste de la photochimie la plus célèbre du Trièves qui vient interpréter ses deux dernières pellicules de fiction expérimental. La fôret de houx n’a qu’à bien se tenir. Au programme : un écran SCOPE, des couleurs qui font pâlir Kodak, une bande son qui fait flipper Sardou.
Deux films faits mains/maison :

PAS DE TITRE (2014 / 16mm / coul&nb / son / 25′)

« La chaleur monte au ciel.
Les mouches voient leur fin.
Emportent les ponts ou tarissent les fontaines. »

M…H (2016 / 16mm / couleur&nb / son / 36′)

Inspiré par O.W. lui-même l’étant par W.S.
Plutôt qu’une performance, il s’agit d’un film interprété en direct.
« Toc Toc
Secouez ce sommeil épais, la confusion a joué sa pièce maitresse ;
et damné celui qui le premier crie : ça suffit, assez !
Réveillez vous ! Réveillez vous et voyez !
Levez vous comme de la tombe, venez voir du grand Jugement l’image même. »

https://vimeo.com/177680014

Festival du cinéma sans image

Il arrive qu’au détour d’un film l’écran devenu noir prive soudain le spectateur d’image.Éteindre la lumière, fermer la porte, traversée d’un tunnel, panne de courant, explosion…Ces black-out cinématographiques,Grand Magasin (Pascale Murtin, FrançoisHiffler) et Antoinette Ohanessian les collectionnent et vous proposent un Festivaldu cinéma sans image. Un montage à la limite du monochrome noir. Un film que lespersonnages eux-mêmes s’efforcent sans répit de plonger dans l’obscurité.

Lucille Calmel – chaff

 » À la terrasse du Chaff, il fait soleil T-shirt… il nous faudrait des claques doigts. »
Chaff : nom américain depuis la seconde guerre mondiale pour ces leurres pailletés que lâchent les avions afin de générer de faux échos en nuage contre la détection radar.

« L’écriture sort du corps de Lucille Calmel pour se mouvoir dans un cadre éclaté. Elle rend poreuse la frontière qui sépare l’intérieur de l’extérieur. Écriture à laquelle elle a recours ou non, selon les aléas d’une organisation de ses moyens qui emprunte à la technique de la jachère, technique par laquelle la performeuse s’autorise en permanence l’exploitation ou la mise au repos de telle ou telle de ses compétences. Mais même en hibernation l’écriture singulière de l’artiste est sous-jacente à ses interventions. Présence inhérente au statut interactif de chacune desdites compétences (webcam, internet, montage vidéo, improvisation, corps, jeu théâtral, traitement de texte…) l’écriture peut s’incarner sous d’autres formes. Les interventions corporelles, le lien avec les autres corps, ceux des spectateurs, l’usage de la musique ou plus généralement du son, la présence des objets – allant del’accessoire vestimentaire au laptop ou à des éléments de décors – tout participe du même décloisonnement comme chaque parcelle de terre et sa culture font partie d’une même activité, d’un même rapport au monde. » (Hugues Warin, 2014).

Incarnée dans le flux, le temps réel ou même l’espace, concentrée sur les viscères de son laptop, Lucille Calmel performe depuis 1990. Elle est chercheuse d’écritures vivantes, entre corporalités,sonorités et textualités. Chaque performance prolonge un mouvement du corps, du son, de l’image, du texte. Elle vient 5 jours au 102 se frotter avec (s)ces matières, nous envelopper dans la mélodie de(s)ces lumières. Mirage de chuchotements écrasé par un artifice de manipulations poèticorps.

[1] : http://www.myrtilles.org/news
[2] : http://http://vimeo.com/lucillecalmel

Headwar / Dure-Mère / MetalkinG

Celles et ceux qui aiment le punk trouvent Headwar trop expérimentaux, mais celles et ceux qui adorent la musique improvisée les trouvent trop punks. Néanmoins, celles et ceux qui adulent la noise trouvent MetalkinG trop chelous, et dans le même temps, les passionné.es de douces mélodies les trouvent trop bruyants. En contrepoint, celles et ceux qui apprécient les mélodies trouvent Dure-Mère trop déconstruits, sans oublier celles et ceux qui ne jurent que par le bruit – qui les trouvent, eux, beaucoup, beaucoup trop musicaux. Alors ?

C’est peut être un concert à aimer, à détester, à analyser, pour danser, mais c’est certainement un concert à vivre. Il est organisé par Tænia Solium (un collectif de personnes animées par la rage féroce du rock’n’roll et l’aspiration à de nouveaux horizons). Avoir traîné nos basques dans l’un des lieux les plus patchwork qui soit, le 102, nous a donné envie de célébrer en beauté ses trente ans, et en se faisant plaisir : bruyamment et sans étiquettes !

Espace Imaginaire

Espace imaginaire est un lieu inventé qui n’est pas sur une carte. Ici, on peut regarder ou pourquoi pas fermer les yeux. Ici, des personnages dans une étrange et absurde fragilité… parfois émus, troublés, troublants, bavards ou silencieux… Parce que demain nous aurons disparu, parce que demain cet espace sera vide. On ne vit pas dans un espace neutre et blanc, on ne vit pas, on ne meurt pas, on n’aime pas dans le rectangle d’une feuille de papier (Michel Foucault)

Mise en corps, scénographie: Adéli Motchan /// Metteur en chantier associé, machineries: Frédéric Soria /// Metteur en chantier associé, lumières : Guillaume Jargot /// Musique live: Laurent Buisson /// Chargée de diffusion: Kenny Virginie Coursodon /// Acteurs-danseurs: Anne-Sophie Galinier / Sarah Roux Barrau / Pierre Sirkidji / Emmanuel Borgo / Marie-Christine Cuffolo / Adéli Motchan /// Special thanks to: Ari.M, Pascal Lavigne, Agnès Blazy, laurentquinkal.com (photo flyer), complice(s) et donneurs d’objets.

RESERVATION OBLIGATOIRE (40 spectateurs/soir) en écrivant à contact@le102.net

Projecteur 16 Tout Puissant ! & Trois points crochets

Une soirée en deux parties autour de la pellicule 16mm. Un programme de courts expérimentaux qui (enfin!) ne datent pas des années 30 et qu’on n’a pas déjà vu trente-six fois au 102, puis une performance à base de films truqués surpiqués & lumière bruyante. Paul Sharits se retourne dans sa tombe.

– All that rises de Daïchi Saïto (2007 / 16mm / 7′)
– Ritournelle de Christopher Becks & Peter Miller (2012 / 16mm / 4′)
– Beltane de Christopher Steel (1997 / 16mm / 6′)
– Queen’s Quay de Stephen Broomer (2012 / 16mm / 1′)
– Beijing 1988 de Rose Lowder (1988-2011 / 16 mm / 12′)
– Mountain home de Robert Schaller (2007-2010 / 16 mm / 10′)

Trois points crochets : quatre projecteurs 16mm et une machine à coudre. Une performance qui mêle images travaillées en amont et film détérioré en direct par la machine à coudre, jusqu’à épuisement. Ça ferait penser aux mouvements d’Henri Michaux. Du film truqué surpiqué sans caméra, une expérience autour du support argentique. Ou comment le trou, en oscillation et traversé par la lumière, crée de l’image, du son, parle du cinéma et de la lumière bruyante.

Mariane Moula : machine à coudre /// Carole Thibaud : projecteurs 16mm
http://carolethibaud.com/doku.php
http://marianemoula.blogspot.fr/

La Cellule d’Intervention Metamkine / Petrolio

« La Cellule d’Intervention Metamkine nous offre l’expérience rare d’une musique libérée de toute servitude par rapport au cinéma, un cinéma live projeté comme de la musique, avec des projectionnistes qui manifestent une spontanéité d’instrumentistes ». Tom Cora

À la façon d’une pièce de musique sérielle, Petrolio est construit à partir d’un matériau visuel réduit à l’essentiel : un plan fixe tourné dans une petite station balnéaire – Vernazza, dans la région des Cinq Terres en Italie. Petrolio se fait en dialogue avec la musique, tel une partition en images ouverte à l’improvisation.

Metamkine
Christophe Auger projecteurs cinéma
Xavier Quérel projecteurs cinéma
Jérôme Noetinger dispositif électroacoustique

Petrolio
Stefano Canapa pojecteurs cinéma
Mathieu Werchowski violon, effets

En série #7

Produire en série des images et des textes, s’efforcer d’être dans la précision et la régularité tout en laissant leur place au hasard et à l’expérience, ainsi qu’au manque de matériel ; produire sans devenir une mini-usine ; aider à l’auto-édition sans devenir maison d’édition, donner des moyens à celles et ceux qui n’en ont pas ; se poser des questions techniques, politiques et économiques ; éviter les inondations ; faire circuler des savoirs qu’on maîtrise à moitié ; faire des choses qu’on n’avait pas essayé avant, des fois ; faire des choses jolies, tout simplement ; des choses nombreuses, souvent : bienvenue à l’atelier de sérigraphie 103. La septième ouverture publique de l’atelier traitera plus particulièrement des livres et des fanzines.

Ateliers
Samedi 11 et Dimanche 12 juin – de 13 à 19h
Atelier d’initiation à la reliure autour d’un livre des éditions Le commun des mortels. La participation à tous ces ateliers estgratuite, l’inscription nécessaire et le petit matériel de papeterie bienvenu.
Pour vousinscrire : 04 38 02 99 49 et contact@le102.net .

Cinéma & Performance
Vendredi 10 juin – 20h30 – 4/5€ au choix
Riojim improvise au projecteur 16mm à partir de montages de films qu’il réalise, en jouant sur la vitesse, les optiques, le rythme, la déterioration de la pellicule. Lionel Palun capte en direct cette matière et la retravaille en feedback vidéo, en delay, en écho, l’étire ou la comprime.
Lien : FilmBase

Puis suite de la séance avec quatre films autour de la sérigraphie, l’Atelier 103, la couleur, la matière et les gestes répétitifs : que des tueries !
– Ville Marie d’Alexandre Larose [2006-2010, 35 mm, coul-n&b, 13’]
– Threshold de Malcom LeGrice [1972, 16 mm, double écran, 10’]
– Variations on a cellophane wrapper de David Rimmer [1970, 16 mm, coul, 8’]
– Ray Gun Virus de Paul Sharits [1966, 16 mm, coul, 14’]

Jean Louis Costes

« La sorcière et les morts », dernier spectacle de J.-L. Costes. Avec costumes, actions etvoix live sur musique enregistrée.

Musicien, performeur infatigable, auteur de films, de romans, de bd, depuis 25 ans J.-L. Costes interprète ses opéras porno-sociaux, au cours desquels il se joue des tabous de notre espèce. À la fois d’une fraîcheur enfantine et d’une rage violente, magnifique ou misérable, il crie l’amour et la haine et rit de notre sort et du sien, au son d’une musiquecrue, habile, bruitiste : « le monde rentre en moi en désordre et je le revomis en vrac ».